Un littoral de plus

Il y a quelques temps, j’avais entamé une série d’articles sur cette notion extraordinaire de « littoral ».

J’y évoquais cet article signé Julien Fouin sur le littoral, dans le premier numéro de la très jolie revue Canopé de Natures et Découvertes (2003, ça commence à dater …). Le littoral, dit-il, inspiré par Erik Orsenna, c’est « cette bande de terre qui n’est plus vraiment terre mais pas encore mer. Une espèce d’entre-deux, un ni-ni qui ouvre potentiellement sur une troisième entité, qui nous pousse à définir, mettre des mots sur quelque chose qui n’existe pas vraiment qu’en opposition avec d’autres choses bien réelles, factuelles: la terre et la mer. C’est aussi quelque chose qui se renouvelle constamment, ne se ressemble jamais. Qui renaît à chaque instant et se recrée avant de vieillir. »

Alors en ce moment, on n’est ni en guerre (personne n’en veut à ma vie) ni en paix (confinement, couvre-feu : vocabulaire de guerre), ni mort ni vraiment vivant puisqu’en sursis et en parenthèse de vie « normale », on n’est ni stoppé dans nos activités (certains travaillent, d’autres télé-travaillent, et d’autres encore — les élèves comme Teodros — ont des devoirs et les parents essaient — comme moi — de proposer une continuité dans le travail scolaire) ni vraiment en activité « comme avant ». Bref, on essaie de faire comme si ce n’était qu’une parenthèse qui va se terminer un jour et on s’organise en conséquence.

Et si notre travail de parent était de déconstruire une normalité qui a failli à sa tâche de pérenniser notre existence (menacée par un virus) sur une terre exsangue qui n’en peut plus de nous ? Si il fallait laisser tomber les cours, les devoirs et inventer un environnement d’apprentissage différent qui tiendrait compte des mesures de confinement actuelles mais sur la durée ?

Bref, tout ceci n’est encore pour moi qu’une série de questions sans réponse, ou plutôt avec de multiples réponses plus ou moins contradictoires. C’est déjà pas mal, certes. Mais mon fils est dans sa chambre en train de faire ses exercices de Français sur le participe passé et de Maths sur les fractions. Comme si de rien n’était (à part que c’est moi qui corrige).

Pas prête, donc. Pas le courage encore de tout bouleverser, et potentiellement de compromettre son retour à la normale quand (si ?) retour à la normale il y a.

Et vous ? Comment pérenniseriez-vous des modes de fonctionnement appris pendant ce confinement ? Qu’est-ce que vous feriez différemment « après » (si après il y a) ?

 

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