Les hauts plateaux d’Abyssinie

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C’est le toit du monde, n’en déplaise aux grimpeurs, aux adeptes des sommets enneigés.

On est juste au-dessus de Lalibela, sur les hauts plateaux du Nord de l’Ethiopie, à près de 4000 m d’altitude. Alors, je vais vous laisser découvrir ici ce qu’est Lalibela, ce site exceptionnel architecturalement et historiquement, classé par l’Unesco, et épicentre d’un phénomène touristique que la ville et l’équipement hôtelier ont du mal à assumer.

Une chose qu’il faut savoir absolument sur Lalibela, au-delà de la légende déjà si fertile, c’est que c’est ici, dans cette toute petite ville, au fin fond d’un pays peu connu, que Dieu, quand il est fatigué du Monde, de ce qu’on en fait malgré le soin qu’Il a mis à le faire et à nous faire, c’est ici, donc, que Dieu vient se reposer. A l’ombre des pierres taillées, dans la fraîcheur des recoins de ces églises, bercé par les prières psalmodiées par les prêtres, par le rythme entêtant des cistres, par les cris des bêtes au loin et les prières murmurées des croyants au creux de son oreille, Il peut se reposer, perdre le fil du temps, oublier tout ce qui marche de travers, et laisser les hommes prendre soin de lui.

Bon ben là, on est encore au-dessus, au-delà de cette agitation, avec une vue epoustouflante sur les montagnes et les plateaux environnants, à la même hauteur que les aigles et les faucons qui chassent sur les falaises au-dessous. Et les nuages qui vont et viennent tout au long de la journée jouent avec la lumière, la laissent caresser des morceaux de versants, des champs, des villages, faire briller des récoltes de céréales qui ondulent doucement, des rivières, des retenues d’eau, faire une trouée dans un bouquet d’arbres. C’est un cinéma constant. Jamais les contrastes, les couleurs ne sont les mêmes. Et les falaises font écho aux cris des bêtes, des enfants qui les gardent dans la journée, et toute cette vie frémissante, minuscule, qui se déplace lentement sur le patchwork de vert à nos pieds semble à la fois tellement loin et très présente.

On se sent loin de tout et au milieu du tout. Là où on doit être.

4 commentaires sur “Les hauts plateaux d’Abyssinie

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